FRENCH PARADOX

L'encyclopédie de French-Epicurean

Le vin est bon pour le cœur…à faible dose.

C’est ce qu’on appelle le «  French Paradox  », et il est confirmé d’études en études…

L’alcool est un poison, mais une consommation modérée de vin protège le cœur. C’est ce qu’on appelle le « french paradox », et il est confirmé d’études en études.

«Le vin est une chose merveilleusement appropriée à l’homme si, en santé comme en maladie, on l’administre avec à-propos et juste mesure.» Cette citation d’Hippocrate, au Ve siècle avant Jésus-Christ, nous rappelle que les vertus médicinales du vin sont vantées depuis bien longtemps. Mais il a fallu attendre le XXe siècle pour que cette hypothèse soit confirmée scientifiquement.

Plusieurs études épidémiologiques ont en effet montré qu’une consommation raisonnée de vin est associée à une bonne santé cardiaque. Boire deux verres de vin par jour réduit les risques cardio-vasculaires. «Mais attention, toutes les études qui ont établi ce lien sont formelles : les bénéfices pour le cœur sont observables uniquement lorsque la consommation est modérée», insiste le Dr François Paillard, cardiologue au CHU de Rennes et président de l’antenne bretonne de la Fédération française de cardiologie. Au-delà d’un à deux verres de vin pour les femmes et de deux à trois pour les hommes, la toxicité de l’alcool l’emporte. Ses effets deviennent délétères : augmentation du risque de cancer, de cirrhose, ou d’hépatite…

L’alchimie protectrice du vin

Mais en deçà du seuil de toxicité, l’alcool du vin semble bien jouer en soi un rôle protecteur cardio-vasculaire. En 2011, le British Medical Journal, revue scientifique de référence, a publié une méta analyse qui faisait la synthèse de 84 études sur l’alcool et la santé. Sa conclusion : la consommation de 15g d’alcool par jour pour les femmes et 30g pour les hommes est bien associée à une baisse des infarctus, accidents vasculaires cérébraux (AVC) ou thromboses. Les consommateurs modérés avaient ainsi 14 à 25% moins de risques de décéder d’une maladie cardiaque que ceux qui n’en buvaient absolument pas. Et cela pour tout type de boisson alcoolisée.

Les mécanismes restent cependant à élucider. «Pour l’instant, le lien de causalité n’a pas été formellement établi. Il semblerait que l’alcool en général augmente le bon cholestérol et fluidifie le sang, deux facteurs de bonne santé cardiaque», explique le Dr Paillard. L’alcool aurait également des effets vasodilatateurs bénéfiques pour les artères. Il améliorerait par ailleurs la sensibilité à l’insuline, ce qui favorise la régulation du taux de sucre dans le sang. Mais à ce jour, aucune de ces hypothèses n’a été validée scientifiquement de façon formelle.

Cependant, si tous les alcools protègent le cœur à faible dose, c’est bien le vin rouge qui concentre les vertus, car il est riche en polyphénols, des molécules antioxydantes, anti-inflammatoires et anti-agrégantes (qui réduisent le risque de formation de caillots sanguins). Une donnée confirmée récemment par une analyse de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) montrant que les pathologies coronaires sont plus fréquentes en Europe dans les pays du Nord où l’on boit plus d’alcools distillés (whisky, vodka…) que chez les consommateurs de vin du Sud. Il y a bien une alchimie du raisin transformé en vin… Mais pas uniquement. En effet, le Dr Paillard souligne que «les études portant sur le vin rouge ont été surtout menées dans les pays méditerranéens, dont le régime alimentaire riche en fruits, légumes et poissons est lui aussi bénéfique pour la santé cardio-vasculaire». Alors, un verre de vin oui, mais avec modération et une alimentation équilibrée…

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