Chez French-Epicurean.ch, on vous tient comme toujours informé des news-viticulture en direct de notre belle France.

 

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C’est une directive européenne qui risque de faire grand bruit dans le monde du vin. Dès le 1er janvier 2016, il sera possible de planter mais surtout de vendre du vin partout en France. A l’heure actuelle, il était interdit de se livrer à un tel commerce dans les régions hors appellation d’origine contrôlée (AOC) ou indication d’origine contrôlée (IGP).

Avez-vous déjà trempé vos lèvres dans un vin blanc* breton ? Humé le bouquet d’un breuvage ch’ti dont le raisin a poussé sur les terrils du Pas-de-Calais ? C’est peu probable car, jusqu’à présent, ces vins, produits souvent par des associations et sur de petites parcelles, étaient interdits à la vente. A partir du 1er janvier, ce ne sera théoriquement plus le cas avec l’arrivée des nouvelles plantations, n’importe où en France, des « vin sans indication géographique » (VSIG). Une petite révolution venue de Bruxelles, aux contours encore flous et à l’impact difficilement prévisible, qui fait déjà trembler le monde viticole.

Fin décembre, les experts du vin réunis au sein de FranceAgriMer, (l’office public agricole) ont validé officiellement une décision européenne prise en 2007 et entrée en vigueur vendredi. Objectif ? Libéraliser la culture du vin dans les pays membres de l’Union européenne en donnant l’autorisation aux vignerons d’étendre leurs vignes déjà existantes ou d’en planter de nouvelles. Chaque année, la surface viticole nationale pourra ainsi croître de 1 %. Soit 8 057 ha supplémentaires pour 2016.

Ces vins sans indication géographique (VSIG) ne sont pas du goût de certains professionnels du secteur qui y voient une possible perte de parts du marché mais également une dégradation de la qualité des cépages.


La Napa Valley est à la Californie ce qu’est la Bourgogne à la France.

La Napa Valley, finalement, c’est un peu le paradis américain des amateurs de vin : 250 vignobles à découvrir au cœur de la Californie. Ensoleillement maximal, champs vallonnés et quelques-uns des meilleurs vins du pays. Bilan : c’est à voir au moins une fois dans sa vie.

D’accord, mais ça fait une zone de cinquante kilomètres à couvrir, alors c’est quoi le plan d’attaque ? French Epicurean vous propose trois façons de visiter la Napa Valley :

En voiture : la plus efficace

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Pour visiter la Napa Valley en voiture, il suffit de partir de Napa et de prendre l’autoroute 29 en direction du Nord. Si votre objectif est de visiter un maximum de vignobles et de caves, c’est peut-être bien le meilleur plan : l’autoroute 29 facilite l’accès aux petites villes. A faire si on a un programme chargé mais un timing serré. Quelques-uns des domaines les plus réputés : Domaine Chandon, Beaulieu Vineyard…
Et pour ceux qui veulent vraiment optimiser leur road trip, il y a même une carte interactive listant les meilleures caves !
https://www.google.com/maps/d/viewer?mid=znOON5uT_Rag.kD1AzgM71zeQ&hl=en

En vélo : la plus bucolique

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La Silverado Trail, c’est la version champêtre de l’autoroute 29. Longue de 48 kilomètres environ, elle part de Napa et se termine à Calistoga. Parce que, quitte à prendre son temps pour visiter les vignobles, autant prendre un vélo et longer la route tranquillement en appréciant – vraiment – le paysage. On y trouve de sacrés grands noms : Joseph Phelps, ZD Wine, Mumm, Krug… mais aussi de plus petites caves où de vrais passionnés sont prêts à vous consacrer du temps et du bon vin.

En train : la plus express

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Le Wine Train, c’est un petit train à vapeur qui date du début du XXème siècle, et qui relie Napa à Santa Helena. 40 kilomètres de trajet qui offrent une superbe vue sur les vignes et les collines de la région. Le petit bonus, le train fait aussi restaurant : LE spot pour ceux qui veulent déguster du vin en découvrant les vignes (100 vins sur la carte tout de même) et tester la nourriture régionale, préparée par un vrai grand chef.

Crédits photographiques :
Affiche du film Sideways
Newton Vineyard, newtonvineyard.com
Le wine train, © Jim Tardio

Nous vous emmènerons régulièrement avec nous pour nos coups de cœur viticoles et visites oeno-touristiques sachant que les passionnés de vins ne se limitent pas seulement à notre belle Bourgogne…


Chez French Epicurean, on aime aussi vous parler du rayonnement de notre belle Bourgogne à l’international, et surtout du côté des USA, où nous les séduisons !

Le célèbre quotidien The New York Times a consacré la semaine dernière sur son site internet, un long reportage à la ville de Beaune et ses environs. Intitulé  “Seduced by Beaune in Burgundy ” (Séduit par Beaune en Bourgogne, ndlr), l’auteur de l’article, l’écrivain et correspondant pour le magazine Robert Draper, raconte sa venue dans cette “handsome city” (belle ville, ndlr), ses rencontres sur la Côte, les vins dégustés et tous ses moments partagés. Un Américain visiblement sous le charme de la Côte de Beaune.

Ci-dessous, l’article du New York Times :

http://www.nytimes.com/2015/10/04/travel/beaune-burgundy-wine-tour.html?smid=fb-share&_r=1

Bonne lecture !

 


Une bouteille de champagne Krug de 1915 a été vendue aux enchères pour 116’375 dollars (113’600 francs) vendredi à New York, le lot comprenant un séjour gastronomique en Champagne (nord-est de la France) pour quatre personnes qui dégusteront la bouteille sur place.

En 2011, une bouteille de Veuve-Clicquot 1841 avait été acquise pour 33’000 francs, un montant considéré comme record.
En 2008, la maison Acker Merrall & Condit avait attribué à New York deux bouteilles de Dom Pérignon Rosé de 1959 pour 84’700 dollars (83’000 francs), mais au taux de change de l’époque, cela ne représentait «que» 59’200 francs environ, soit moins à l’unité que le Veuve-Clicquot 1841.

La bouteille de Veuve-Clicquot avait passé, selon les estimations, environ 180 ans sous l’eau dans les cales d’une goélette non loin des côtes finlandaises.

Reçu en grandes pompes par la maison Krug

La bouteille cédée vendredi lors d’une vente organisée par la maison d’enchères Sotheby’s n’a elle jamais quitté la cave de la maison Krug, aujourd’hui contrôlée par le groupe LVMH.

L’acquéreur de ce millésime vieux de cent ans, dont le nom n’a pas été dévoilé, sera reçu par la maison Krug durant deux jours avec trois invités de son choix.

Outre le Krug private cuvée 1915, son nom exact, il dégustera également des «millésimes rares» de la maison et aura droit à un repas cuisiné spécialement par Arnaud Lallement, dont le restaurant L’Assiette Champenoise compte trois étoiles au guide Michelin.

Il reste encore quatre bouteilles de la cuvée 1915 dans les caves de Krug, dont celle qui a été vendue vendredi.


Chez French Epicurean, on aime vous tenir informer de l’actualité vitico-cinématographique.

Et justement sort en salle le « Premiers Crus », un film de Jérôme Le Maire avec Gérard Lanvin et Jalil Lespert.

En effet, ce « premier Cru » sortira en salle le 23 septembre.

Une bonne raison d’aller s’enfermer dans une salle de cinéma pour regarder cette passation problématique en Bourgogne.

Une histoire de transmission père/fils ayant pour toile de fond le vignoble bourguignon.

Alors cela nous réjouit d’avance !

Un père (Gérard Lanvin) désabusé depuis le décès de son épouse ne s’intéresse plus guère à ses vignes lorsque son fils (Jalil Lespert), auteur de guides œnologiques à succès, laisse son appartement du Marais pour reprendre le vignoble en main. Cette histoire de transmission père/fils se déroule dans une Bourgogne filmés avec les yeux de l’amour par le jeune Jérôme Le Maire. Le film explore la thématique du retour à la terre, des méthodes anciennes au détriment des nouvelles (ce qui vaut de savoureuses répliques de la part d’un Gérard Lanvin plus laconique que jamais) et la rivalité séculaire entre familles voisines. Une rivalité qui va prendre une forme plus pacifique entre le personnage campé par Alice Taglioni et l’excellent Jalil Lespert. Laura Smet incarne également une cuisinière renommée qui fait tout pour pacifier les relations père/fils tandis que Frédérique Tirmont est une propriétaire inflexible plus vraie que nature.

Une scène savoureuse expose brièvement la « rivalité » Bordeaux-Bourgogne. Aux dépends des Bordelais… Désireux de se débarrasser d’un stock encombrant (trois millésimes au complet !), le fils prend contact avec une société de courtage tandis que le père accueille les éventuels acquéreurs du sud-ouest avec une diatribe anti-Bordeaux bien peu commerciale.

Gérard Lanvin, de passage à Bordeaux pour la promotion du film, reconnaît que « son palais a été culotté au vin de Bordeaux pendant son enfance » et s’excuserait presque de cette sortie assez violente, que d’aucun trouveront caricaturale. Et d’autres hilarante…

Sortie le 23 septembre.

 

 


Sur «  French-Epicurean  »,on aime vous tenir au courant de l’actualité viticole de Bourgogne… Nos correspondants sur place nous font part que le millésime 2015 vendangé précocement en «  Blancs  » – Côte de Beaune, entre en cuverie et donne un jus fruité et odorant… C’est bon signe  !

C’est bien un millésime précoce qui entre dans les cuveries, car les vendanges ont commencé dans les blancs en côte de Beaune

On le disait précoce et finalement, ce millésime le sera, au même titre que les 2007, 2011 et 2003. On le pressentait et cela se confirme pour les blancs : les températures caniculaires ont dopé l’évolution de la vigne. Cet été restera un modèle du genre, avec beaucoup de chaleur et quelques averses de pluie, au moment où la vigne commençait à avoir soif.

La semaine dernière, on redoutait les orages annoncés dimanche et finalement, sur bien des parcelles, cette pluie a regonflé les grumes et n’a pas freiné la maturation. Cerise sur le gâteau, cela fait des années que les viticulteurs bourguignons n’avaient pas eu des vignes aussi saines.

« Une année solaire »

Benoît Ente de Puligny-Montrachet fut l’un des premiers à vendanger dès mardi : « J’avais du 12,7°. C’est une année solaire, avec une acidité assez basse et un taux de pH élevé. C’est donc bien assez mûr. Certaines parcelles ont gagné 2° d’alcool potentiel par semaine. Mes puligny-montrachet premier cru Folatières sont en presse et mon puligny-montrachet premier cru La Truffière a été récolté hier. Je pense que c’est un millésime riche, comme le 2006. Je pense que ceux qui vont tarder à le récolter risquent de faire un vin qui ressemblera à celui de 2003. »

Jacques Carillon a récolté, hier, une petite parcelle de 26 ares en chassagne village : « C’est une jeune vigne de trois ans et c’est donc sa première récolte. Comme elle est jeune, elle est peu chargée et les raisins ont mûri plus vite. Elle était déjà à 13,8 ° lundi. » Pourtant, Jacques Carillon, qui possède un domaine familial de 5,50 ha, pense vendanger le reste mercredi prochain, aussi bien ses premiers crus que ses 11 ares de bienvenue-bâtard montrachet qui lui donnent deux pièces de vin.

« Il ne fallait pas attendre plus »

À Meursault, Bernard Boisson-Vadot est connu pour ne jamais tarder. Il n’a pas failli à sa réputation, puisqu’il a également commencé hier matin : « J’avais 11,5 ° dans mes bourgognes blancs et 12 ° dans mes meursault, avec des acidités basses, il ne fallait pas attendre plus. Je ne vois pas pourquoi on attendrait d’avoir 13,5 ° pour prendre le risque de récolter sous la pluie. » D’autres domaines de Meursault ont suivi ce même raisonnement. Jean-Marc Roulot a ainsi twitté sur ses vendanges et son nouveau pressoir. Sur les réseaux sociaux, un vendangeur d’un autre genre a aussi posté des photos sur son compte Instagram. C’est le réalisateur Cédric Klapisch qui tourne actuellement son nouveau film, intitulé Le vin et le vent , dans les vignes de Meursault.

Pourtant, tout le monde ne partage pas cette frénésie. Ludivine Griveau, régisseuse du domaine des Hospices de Beaune ne commencera les vendanges que mercredi prochain, « avec les meursault Genevrières, puis les beaune, peu chargés en grappes, comme le beaune Bressandes et volnay. On a multiplié les contrôles hier, et toutes les vignes ont un niveau de maturité qui se tient dans un mouchoir de poche. On a juste commencé ce matin en pouilly-fuissé, sur notre parcelle de 1,45 ha. »

Un petit rappel de 2003, 2007 et 2011…


Une inscription, c’est une adhésion à une philosophie, un engagement moral

Si l’Unesco n’a pas vocation à faire les affaires des voyagistes, hôteliers et restaurateurs, une des premières conséquences de l’inscription d’un site au patrimoine mondial concerne l’activité touristique qu’elle déclenche. “Tous les autres sites français qui ont été classés par l’Unesco ont été débordés d’un point de vue touristique. Pour répondre à un flux de visiteurs en augmentation de 30%, la gare d’Albi a dû être agrandie. Mais il ne faut pas avoir peur de voir du monde“, explique Pierre Cheval, viticulteur et président de l’association Paysages de Champagne, qui s’est battu pendant dix ans pour que la Champagne soit inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco. La France reçoit déjà 8 millions de visiteurs chaque année dans son vignoble, dont 2,5 millions d’étrangers, et notre pays prévoit le doublement du nombre de touristes à l’horizon 2030. Une ville comme Épernay accueille à elle seule 450.000 visiteurs par an.

Les enjeux en Champagne et en Bourgogne sont toutefois différents. “La Bourgogne est déjà très connue d’un point de vue touristique. Nous disposons de structures d’accueil importantes à Beaune et à Dijon. Je ne pense pas que l’inscription aboutisse à un engorgement de la région. Nous avons travaillé sur la question avec les services de l’État, explique Aubert de Villaine, grand ordonnateur de la candidature bourguignonne. Il reste à définir des actions quant à l’aménagement des gares et des parkings…” Des projets nettement plus ambitieux sont néanmoins à l’étude en Bourgogne : “Une ville comme Beaune qui buvait son vin du bout des lèvres a aujourd’hui dans ses cartons un projet de cité des vins de Bourgogne, qui devrait voir le jour dans cinq ans. Ce serait un formidable complément à une inscription”, reconnaît Aubert de Villaine.

Problématique autre en Champagne, un terroir qui connaît un développement économique fort depuis des années, où le tourisme n’est pas au centre des préoccupations. “Les Champenois n’ont pas besoin de faire d’effort pour vendre des bouteilles aux gens de passage. Et les locaux ne cherchent pas à les retenir plus d’une journée, reprend Pierre Cheval. D’ailleurs, ici, on ne considère pas le tourisme comme une activité comme les autres. Nous comptons sur des actions globales pour mettre tous les acteurs locaux dans la position d’acteurs touristiques. Il faut insuffler un accueil de qualité sans perturber le fonctionnement économique de la région. Je sais que certains viticulteurs seront réfractaires mais que d’autres n’attendent que cela.”

Le développement touristique est déjà enclenché. À Aÿ, ville de 4.000 habitants, on recense une centaine de chambres d’hôtes alors qu’il n’en existait aucune il y a dix ans. “Mais nous manquons de petits restaurants comme il y en a en Bourgogne”, admet Pierre Cheval. Pour Laurent Gardinier, copropriétaire du Domaine Les Crayères, à Reims, un hôtel de grand standing doublé d’un restaurant deux étoiles, “ce classement va sans doute avoir un effet positif et nous prévoyons d’ailleurs d’ouvrir une dizaine de chambres supplémentaires ainsi qu’un spa dans les cinq ans”.

Clientèle asiatique

Entre Reims et Épernay, à Champillon, le Royal Champagne, autre établissement prestigieux, devrait rouvrir en mars 2017. Alice et Jérôme Tourbier vont y décliner leur concept des Sources de Caudalie, qui a largement fait ses preuves à Bordeaux. “Nous allons proposer 48 chambres et 12 cabines de soins, une piscine couverte ainsi qu’un restaurant gastronomique avec de grandes ambitions.” Le Royal Champagne joue la carte du luxe. Ses nouveaux propriétaires sont confiants. “Le flux touristique ne peut que s’accroître dans les régions vinicoles, notamment grâce à une clientèle asiatique qui n’aime pas la plage et se montre très désireuse de découvrir notre patrimoine. Évidemment, cette inscription nous plaît beaucoup”, remarque Alice Tourbier.

“Une mesure d’inscription est un aboutissement mais c’est aussi le point de départ du plan de gestion qui doit être mis en œuvre, rappelle Pierre Cheval. Globalement, cela réveille les esprits et rend les acteurs du territoire plus fiers d’habiter chez eux. Cela crée un réflexe d’entretien du patrimoine. L’acteur public va mettre en valeur l’entrée de son village, le vigneron va prendre soin de son terroir.” Une vision partagée par des grandes maisons : “L’inscription à l’Unesco devrait sensibiliser les Champenois et les inciter à plus de retenue en termes d’urbanisation. On ne va peut-être plus accepter la construction de n’importe quel lotissement à n’importe quel endroit”, souhaite Jérôme Philippon, patron de Bollinger. “Il y a quelques stations-service un peu délabrées en bordure du vignoble qui ne sont pas du plus bel effet ! Ce serait bien de faire un effort”, note un hôtelier. En attendant, le CIVC (Comité interprofessionnel du vin de Champagne) vient de mettre en place un nouveau critère “esthétique” pour aider les vignerons qui souhaitent embellir leurs installations techniques.

Comme le rappelle Matthieu Mazière, directeur de l’association Juridiction de Saint-Émilion, patrimoine de l’humanité, site inscrit à l’Unesco depuis 1999 : “Une inscription, c’est une adhésion à une philosophie, un engagement moral sans aucune contrainte légale. Ce n’est pas un carcan. À Saint-Émilion, le fait d’inscrire le paysage n’a pas été un obstacle quand des propriétaires ont décidé de faire appel à de grands architectes pour leur dessiner des chais monumentaux. Parallèlement, nous avons vu arriver des touristes avec des attentes plus précises, plus poussées, pour lesquels nous avons mis en place des visites thématiques. Mais avec le recul, le plus important, c’est la façon dont la population se fédère autour de tels projets.”
Plus d’un million de visiteurs arpentent chaque année les ruelles du petit village girondin de 2.000 habitants. Et nul ne semble vraiment s’en plaindre.


Dans le vignoble champenois, on vendange de plus en plus tôt. Cette année, la récolte est annoncée pour le 12 septembre.

Le vignoble français enregistre déjà les premiers effets d’un changement climatique qui va s’accentuer de 2020 à 2050. Les professionnels se préparent à adapter vignes et techniques au vin de demain.

Des vins qui dépassent les 14°; des cépages d’Espagne en Bordelais et des vignes irriguées… Ce n’est pas un scénario de science-fiction, mais une très sérieuse projection réalisée à l’horizon 2050 pour les vignobles français, qui se préparent à un réchauffement climatique inexorable.

« Dans trente ans, Montpellier devient Palerme… » C’est la formule lapidaire par laquelle l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) a choisi de résumer ce qui attend la vigne française et le vin. Pas besoin d’être œnologue pour savoir qu’un nectar de Sicile n’a pas le goût d’un vin français…

D’où le plus vaste programme de recherche appliquée jamais mené en France en la matière : le projet Laccave implique 23 laboratoires de toute la France, œnologues, viticulteurs, chambres d’agriculture, mais aussi des négociants pour plancher sur les vins de demain, leur culture et aussi leur goût.

Demandes d’irrigation

Car chaque degré de température se traduit en degrés d’alcool, en quantité de sucre, en baisse de l’acidité. « Certains y trouvent leur compte », explique Jean-Pascal Goutouly, chercheur à l’unité d’écophysiologie et génomique de la vigne à Bordeaux. C’est le cas du Val de Loire, où le petit goût herbacé qui trahissait un manque de maturité devient rarissime ; ou encore du Bordelais, où « c’est le millésime du siècle tous les ans », souligne le chercheur.

Mais d’autres commencent déjà à encaisser le coup de ces chaleurs trop intenses. Les vins de côtes-du-rhône touchent aujourd’hui les 13 à 14°. « Et les demandes de dérogation pour de l’irrigation sont de plus en plus fréquentes », explique Jean-Pascal Goutouly.

Des vignes en Bretagne et Normandie ?

Voilà qui préfigure les difficultés qui attendent des vignobles aujourd’hui épargnés, car plus au Nord. Les chercheurs ne sont pas alarmistes pour autant. Car les techniques savent s’adapter, sans que cela soit forcément préjudiciable à la qualité. Pour preuve, au dernier classement des vins les plus chers au monde figurait un vin de Californie, dans la Napa Valley où il fait pourtant très régulièrement plus de 40 °C.

Aujourd’hui, scientifiques et vignerons explorent de sérieuses pistes de travail. Dans le Bordelais, certains châteaux ont déjà replanté les rangs selon un axe sud-ouest nord-est, au lieu d’un axe nord-sud trop exposé l’après-midi. Des essais sont en cours pour parvenir à désalcooliser les vins sans toucher aux tanins. Et à la fin du XXIe siècle, certains cépages ne seront sans doute plus adaptés. « Il faudra piocher du côté de l’Espagne ou du Portugal. Et se résoudre, sans doute, à abandonner certaines parcelles. », souligne Jean-Pascal Goutouly

Pour en gagner d’autres ? Peut-être. Car si le phénomène est anecdotique, il met la puce à l’oreille : l’Inra reçoit déjà de plus en plus de demandes d’accompagnement pour créer des vignobles ; des demandes qui émanent de… Bretagne et Normandie.


Selon le site Wine Searcher, le vin le plus cher au monde est un Bourgogne d’Henri Jayer, dont la bouteille se vend à 14 254 euros. Le Bordeaux Petrus n’est qu’au 18e rang.

Surprise?: le vin le plus cher au monde est un Bourgogne — et non pas un Romanée-Conti mais un vin d’Henri Jayer à 15?195 dollars (14?254 euros) la bouteille de 75 cl — alors que le premier vin de Bordeaux, le réputé Petrus, doit se contenter du 18e rang, selon un classement établi par le site en ligne spécialisé Wine Searcher.

Trois Bourgogne sur le podium

Wine Searcher, fondé à Londres en 1999, a réalisé ce classement des «50 vins les plus chers au monde», publié début août, à partir des listes de prix de 54?876 cavistes, négociants et producteurs dans le monde, répertoriant 7?283?489 bouteilles de vin, tous millésimes confondus, et avec un prix moyen par bouteille.

À eux seuls les Bourgognes font un tir groupé impressionnant trônant aux trois premières places, avec quatre autres vins dans les dix premiers et au total pas moins de 40 vins sur 50?!

Pour Henri Jayer, décédé en 2006 à 84 ans, c’est un hommage posthume à son Richebourg Grand Cru, en Côtes-de-Nuits. Ce viticulteur visionnaire, icône des vins de Bourgogne, est même deux fois sur le podium avec au 3e rang son Cros-Parantoux, en Vosne-Romanée Premier Cru, une minuscule parcelle de 1,01 hectare (8?832 dollars/8?072 euros). Opposé au recours aux substances chimiques, à la filtration, partisan du labour des vignes et de faibles rendements (seulement environ 3?500 bouteilles par an), inventeur de la macération pré-fermentaire à froid, il a produit un pinot noir épuré, de grande limpidité et expression.

Inscrit en 2015 au Patrimoine mondial de l’humanité

C’est au début des années 1950 qu’Henri Jayer met sur le marché ses premières quilles, qui comptent aujourd’hui parmi les meilleurs vins rouges au monde. En 2012, lors d’une vente aux enchères organisée par la maison britannique Christie’s à Hong Kong, une caisse de 12 bouteilles de son Cros-Parantoux 1?985 a même atteint le prix record de 199?735 dollars (182?556 euros), soit 15?213 euros la bouteille.

Il est mort trop tôt pour voir sa région viticole des Côtes-de-Nuits et des Côtes-de-Beaune inscrite en 2015 par l’Unesco au Patrimoine mondial de l’humanité sous l’appellation « Climats de Bourgogne », mais il en aura été un des artisans. Le plus renommé des vins bourguignons, le Domaine de La Romanée-Conti, fournit avec La Romanée-Conti Grand Cru la deuxième bouteille la plus chère au monde (13?314 dollars/12?169 euros) et est mentionné au total pour six vins. Le carton plein de la Bourgogne est complété par la cinquième place du Domaine Leflaive avec un Montrachet Grand Cru (5?726 dollars/5?234 euros).

Le Petrus à la 18e place

Les prestigieux Bordeaux ne sont cités qu’à deux reprises, pour des Pomerols?: Petrus, de Jean-Pierre Moueix, 18e à 2?701 dollars/2?469 euros, et Le Pin, de Jacques Thienpont, 23e à 2?359 dollars/2?156 euros. Un seul Côtes-du-Rhône est cité, 10e?: Ermitage Cuvée Cathelin, de Jean-Louis Chave, à 3?795 dollars/3?469 euros. Et deux Champagne?: Krug Clos d’Ambonnay à la 24e place à 2?253 dollars/2?059 euros et, à la 32e, Moët et Chandon Dom Pérignon P3 Plénitude brut.

À noter que deux vignerons allemands, tous deux mosellans, Egon Müller et Joh. Jos. Prüm, figurent chacun à deux reprises?: Egon Müller à la 4e place pour son Scharzhofberger Riesling Trockenbeerenauslese (vin blanc demi-sec, à 6?630 dollars/6?060 euros) et aussi en 34e pour un vin de glace (Eiswein), Prüm en 7e position pour son Wehlener Sonnenuhr Riesling Trockenbeerenauslese (4?706 dollars/4?301 euros) et également au 44e rang, pour un Beerenauslese.

Seul autre vin étranger classé, 14e?: un Californien de la Napa Valley, le Screaming Eagle Cabernet Sauvignon, de Stanley Kroenke, à 2?884 dollars/2?636 euros.


Un climat, dans le cas du vignoble de Bourgogne, est un lieu-dit (petit territoire portant un nom) consacré à la viticulture. Il s’agit d’une dénomination géographique, constituant en général une petite partie d’une appellation.

Les vignerons bourguignons attendaient l’accord depuis plusieurs années. Leur terroir atypique, désigné par « les climats », a été classé au patrimoine mondial de l’Unesco le 4 juillet 2015. En quoi cette nouvelle est-elle si importante?? Pourquoi le vignoble de la Bourgogne est-il différent des autres?? Éléments de réponse.

Les vignerons, mais aussi les maires des villes de Dijon et de Beaune, travaillent à pied d’œuvre depuis novembre 2006 pour que l’Unesco reconnaisse le caractère unique de leur terroir. Ils ont dû passer successivement les six étapes de l’inscription jusqu’à ce jour du 4 juillet où le projet est devenu une réalité.
Concrètement, ce sont près de 60 km qui s’étirent depuis Dijon jusqu’aux alentours de la ville de Chassagne-Montrachet, célèbre pour ses vins de prestige, et la ville de Santenay qui ont été reconnus par l’Unesco. Plus précisément, ce sont « les climats » qui ont été distingués par l’organisation mondiale.
Qu’est-ce que « les Climats »??
Romanée-Conti, Clos de Vougeot, Chassagne-Montrachet, Musigny, Chambertin… Ces appellations prestigieuses sont plutôt bien identifiées par les amateurs. Toutefois, les vignerons faisant en effet le choix de préciser le lieu-dit de leur production, quel débutant n’est jamais resté perplexe face aux mentions complémentaires sur une bouteille bourguignonne??
En effet, le vignoble bourguignon référence quelque 1.247 climats, qui distinguent son terroir. Ce terme est officiel depuis 1935. Au fil de ses 2.000 ans de construction, il a acquis des spécificités sur chacune des parcelles qui le constituent. La terre est différente, la météorologie aussi. Altitude, relief, exposition, végétation, nature des sous-sols… Cet ensemble de facteurs, que doit prendre en compte chaque vigneron, crée une mosaïque de terroirs différents. La spécificité de chacune de ces terres délimitées naît aussi des choix de viticulture du producteur. Et c’est la raison pour laquelle un vin peut présenter une trame aromatique totalement différente d’un autre produit à quelques kilomètres seulement.

Les climats sont également définis par l’Histoire et le patrimoine de chacune des parcelles. Églises romanes, châteaux, abbayes se succèdent tout au long de la route en Bourgogne. La ville de Beaune et ses célébrissimes Hospices sont de parfaits exemples du poids du passé dans la distinction des climats. Voilà ce que viennent chercher des milliers de touristes œnophiles chaque année en terre bourguignonne.
Une cité des vins de Bourgogne pour 2018
En inscrivant les climats bourguignons au patrimoine mondial, l’Unesco a accepté de préserver un modèle de terroir. Cette reconnaissance « garantit la conservation et la transmission du site pour les générations futures », commente l’Association des Climats de Bourgogne.
La construction de la Cité des vins de Bourgogne à Beaune, qui doit voir le jour en 2018, est une autre étape qui permettra au public de mieux comprendre les spécificités des nectars bourguignons.
Les habitants de la Bourgogne ont célébré ce moment historique le 9 juillet. Un repas champêtre et festif, traditionnellement mené à la fin des vendanges que l’on appelle « Paulée des climats », a été orchestré au Château de Meursault. Un feu d’artifice fut également tiré.

 

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Vue aérienne du château du Clos de Vougeot prise depuis une montgolfière. Retrouvez les photos du ciel de Jean-Baptiste Feldmann sur son blog Cielmania. © Jean-Baptiste Feldmann